La réponse FNAUT :

"Il ne suffit pas de rétablir quelques embranchements particuliers (EP) pour faire revenir le Fret vers le Rail. La société a profondément changé, ce qui veut dire que la nature des trafics a considérablement évolué, et il conviendrait sans aucun doute de s'intéresser d'abord à cela.

Car, quel cheminot s'est intéressé au marché des transports ? Pas grand monde !

Quel cheminot s'est intéressé à la concurrence, aux qualités et aux avantages du camion ? Je le cherche désespérément depuis des années !

Quel cheminot s'est intéressé au changement de nature des marchandises ?  Quel cheminot s'est intéressé à l'évolution industrielle de la France ?

Un exemple, dans lequel le Rail n'a rien à se reprocher, mais où il a considérablement souffert : l'épuisement des mines de charbon, la concurrence des minerais outre-mer (le fer en Mauritanie), les minerais asiatiques, etc ... Plus de 20 milliards de tonnes.kilomètres perdues en seulement quelques années, sur un total de 75 milliards, c'est beaucoup.

La désindustrialisation de la France, première victime le Rail : perte de nombreux trafics lourds, pondéreux, etc ...

Changement de nature des marchandises, au profit des trafics diffus, pour lesquels le Rail a été incapable de s'adapter, ce qui a provoqué la mort du wagon isolé.

Le Rail, incapable de s'adapter au "Juste à temps" et au "Stock zéro" (qui sont strictement la même chose), et a permis aux camions de se glisser dans tous les trafics !

Résultat net aujourd'hui : 90 % des t.km des marchandises sont sur la route, le reste pour le Rail (8 %) et la voie d'eau !

C'est seulement à partir du constat de cette situation que l'on peut envisager des solutions de report modal.

Maintenant, il faut parler logistique : le Rail et les villes sont généralement en fonds de vallées, faciles d'accès, là où le terrain est très cher, alors que beaucoup de nouvelles usines, et surtout des entrepôts, se sont établis en pleins champs (la terre et l'écologie, çà ne vaut pas grand chose, donc on s'en fout), et bien souvent, sur le plateau qui domine la ville, là où le Rail ne pourra plus jamais aller.

Si vous rajoutez à cela la tendance naturelle de la Route à payer ses salariés avec des cacahuètes, à truander un peu sur les horaires (60 h par semaine, c'est courant), à contourner certains acquis sociaux [ 1 ], + l'arrivée des sociétés et des chauffeurs des ex-pays de l'Est, vous comprendrez que la concurrence dans le marché des transports est devenue un peu déséquilibrée, et que le pauvre chemin de fer a bien du mal à sortir la tête de l'eau !

Voilà le constat : les marchandises sont sur la Route, dans les camions !  Et comment en sortir ?

J'ai beaucoup réfléchi à tout cela, et en octobre 1993, j'ai sorti un ouvrage de 380 pages, intitulé " Le projet ASR - Autoroute Sur Rails ", où j'indiquai de quelle manière il était possible de charger des camions sur les trains, et sur quels itinéraires. Même si la prestation de transport restait une prestation routière vis à vis du client, en reliant un producteur A à un client B situé à l'autre bout de la France, le Rail pouvait ainsi récupérer près de 90 % du kilométrage, ce qui revenait également à décarboner la prestation routière dans les mêmes proportions !

Je développerai plus tard, j'ai déjà beaucoup parlé, et vous trouverez en fichier attaché, les extraits d'une conférence que j'ai donné au CESER-PACA, ainsi qu'à Chamonix suite à l'accident du Tunnel routier du Mont-Blanc. J'ai donné des conférences similaires dans toute la France, y compris à Briançon.

[ 1 ]  J'ai fait partie pendant plus de 10 ans de la Commission des Sanctions administratives de la Route, comme représentant de la FNAUT.

Ma réponse :

‌Bonjour monsieur K.... (initiale non appropriée) et merci pour votre commentaire.
 
" Enlève tes lunettes en contre-plaqué ! " aurait dit "l'enclume" un cheminot à l'âme bien née et chevillée au corps. Paix à ton âme, l'ami.
 
D'après vous les terrains militaires, les armées, la logistique militaire n'ont pas besoin d'être reliés au RFN !
Vous voulez certainement revivre les "taxis de la Marne", moi pas.
 
Vous êtes un nostalgique des marchandises à forte densité, moi pas.
 
Je fréquente depuis longtemps la grande distribution du bricolage.
Je constate depuis quelque temps une désaffection pour ces grandes surfaces. Moi-même je les évite de plus en plus : je ne supporte plus les produits "made in China" à la qualité plus que médiocre (mais qui répondent certainement au cahier des charges) et donc coûteux au final.
Maintenant je choisis mes produits sur le net et on me les livre à domicile. Donc, je pollue moins. Mais je pourrais polluer encore moins si le déplacement des marchandises était régulé, ce que seul le rail peut faire (PTEF).
Effectivement, il faut passer de la forte densité à la forte volumétrie, de la manutention latérale à la manutention par les extrémités.
1 - Le chemin de fer traitait depuis longtemps les petits colis (personnellement : expéditions des roses de Meillan Richardier au Luc le Cannet, qui n'a pas apprécié que je lui réclame un chèque de banque pour une expédition de plus de 1 000 francs - ce 1971-). C'était le règlement et le CC (Centre Comptable) le lui a confirmé. Il est revenu "la queue entre les jambes" avec son chèque de banque (j'avais 22 ans !).
2 - La DES, Desserte En Surface : livraison et enlèvement des petits colis à domicile !
Mais, ma hiérarchie, le SNCS, n'a rien compris (et a fait le lit de la route bien d'accord avec vous),
3 - "les baygons verts", les G9 (de mémoire) peints en vert et aptes à 200 km/h sur LGV1 pour desservir la halle d'Orange. De la haute densité ???? Mais attention, freins à disque donc interdits de frein de voie. Mais qui peut le plus, peu le moins : le TAB sait aussi réaliser des "manœuvres à plat". Et les triages sont tous équipés "d'évite bosses", deux, une de part et d'autre de l'axe médian.
4 - et les TGV postaux pour Cavaillon : de la forte densité ???
5 - ... (il y a certainement d'autres exemples en France).
 
Arrêtez les "fake-news", les mensonges éhontés !
Et donc, d'après vous, on doit rester les bras croisés et attendre la route électrique. Il est vrai que nos routes ne sont pas saturées !!!!
"Lève tes lunettes en contre-plaqué" et apprend à lire (nouveau plagiat de "l'enclume").
 
Ce que je propose :
- les gares à marchandises du 3ème millénaire : cross-docking mixtes alimentés par le fer (petit rappel : la production est aujourd'hui hors de nos frontières - vous l'avez voulu !),
- de fait, la régulation des marchandises : les VUL (électriques) de livraison, le "dernier km", étant complet volume (donc moins de véhicules sur les routes, moins d'accident, de pollution, moins de perte de temps dans les bouchons et bien d'autres bienfaits, je ne saurai être exhaustif).
- des trains de 1 500 mètres (je sais les traiter), la moindre densité facilitant la traction en Unité Simple. Par exemple, Perpignan/Miramas pour fluidifier l'A9. Le train autonome évitant les RHR dont la route commence à se plaindre. Le " fourgon batterie " réduisant le coût des ITE et permettant la manutention verticale. Pour mémoire, il y a aujourd'hui 19 sillons disponibles entre la ZIP de Fos et le triage : 19 trains de 1 500 mètres, 19 fois 60 camions en moins sur nos routes !!! La desserte ferroviaire de Saint Martin de Crau est aujourd'hui possible. A condition de savoir faire du fret ferroviaire et créer des ITE performantes, je vous l'accorde !!! Moi, je sais faire. Réhabiliter le CTT de PDL est possible à faible coût : au sein de 2 ZI, à 2 pas de Plan de Campagne, des agglomérations aixoises et marseillaises et à 2 pas du triage de Miramas !!!
- je ne suis pas anti-routier, je suis pour la coordination des modes de transports (y c pour les voyageurs - c'est moi qui ai déposé en 2006 un dossier PEM pour la gare de Miramas - zone de chalandise de 240 000 individus, données 2018 -),
- la desserte ferroviaire des Bréguières, dans le Var,
- ...
 
EN RESUME, OUI LE CHEMIN DE FER EST ADAPTE A LA FAIBLE DENSITE. OUI, LE CHEMIN DE FER, LE TRANSPORT DES MARCHANDISES (FRET, si vous préférez, comme si changer le vocabulaire était efficace, suffisant !!!), EST MODERNE ET INDISPENSABLE AUX JEUNES GENERATIONS.
 
Mais continuez le cheminot bashing, j'adore le combat !
Entré à la SNCF "balayeur" (échelle 2) j'en suis sorti IGTE à la force des poignets. J'en suis fier. Et je me suis construit dans l'adversité : j'ai été confronté au monde syndical 4 fois par jour. Je commençais mes journées et après-midi par la visite du PRS et de la DOT. Le terrain est très formateur et je m'y plaisais. Mais j'apprécie Gilbert, le seul qui n'a pas fermé la porte.
 
Mesdames, Messieurs les politiques, Mesdames, Messieurs les décideurs arrêter de financer ces organismes et associations inefficaces car incompétentes. Ou, au pire, exiger un TRI, un report modal d'au moins 5% par an.
 
"La critique est aisée mais l’art est difficile" (proverbe)
 
A bonne entendeur ...
Retour à l'accueil