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12 juin 2025La Région Occitanie lance une mobilisation pour sauver les chemins de fer français
ÉDITO
Sauvons nos chemins de fer : pour un sursaut
national
Le réseau ferré français est à bout de souffle, faute d’entretien depuis des
décennies par son propriétaire exclusif, l’État. Il est en danger, aussi et surtout,
par l’absence de volonté politique alors que le train constitue, à bien des égards,
un enjeu d’avenir pour notre pays : territorial, climatique, social, économique, … Et
que les attentes de nos concitoyens n’ont jamais été aussi fortes pour les trains
du quotidien : + 47 % de fréquentation depuis 2019 dans tout le pays, + 68% en
Occitanie - record national -.
Pourtant, l’alerte est là : 4 000 km de « petites lignes » menacées dès 2032,
dont près de 1 000 km en Occitanie. Face à ce défi, la France reste l’un des
pays européens les moins engagés : 51 euros investis par habitant, contre 115 en
Allemagne ou encore 215 en Angleterre.
En Occitanie, avec ma majorité régionale, nous refusons l’abandon. La Région est
reconnue pour sa politique ferroviaire : elle s’est toujours engagée à des niveaux
records (de 50% à 90% de financements) pour sauver les chemins de fer ; elle
rouvre des lignes, en 2022 la Rive Droite du Rhône et dans 15 jours Montréjeau
Luchon ; elle augmente les fréquences (230 trains supplémentaires par semaine
en 2025 soit 3 500 trains par semaine) ; elle pratique les tarifs « les moins chers de
France » - dixit le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou - qui permettent à
nos trains d’être remplis.
Depuis 2008, nous avons investi près de 900 M€ pour sauvegarder un réseau
appartenant à l’État. Aujourd’hui encore, une ultime enveloppe d’urgence est
mobilisée pour préserver des lignes essentielles et empêcher leur dégradation ou
leur fermeture (Toulouse-Auch, Quart Nord-Est toulousain, Nîmes-Alès, Nîmes-Le
Grau du Roi, etc.).
Mais cette logique doit être revue. Parce que le Gouvernement a fortement baissé
ses dotations et que le mur d’investissements ferroviaires est, rien que pour
l’Occitanie, de 800 M€ d’ici 2032. Il faut désormais changer la donne, comme le
proposaient déjà, en octobre 2022, l’ensemble des présidents de Régions, avec
un « new deal ferroviaire » prévoyant 100 milliards d’investissements sur dix ans,
cofinancés par l’Europe, l’État, la SNCF et les collectivités locales. Proposition
restée lettre morte à l’époque.
Consciente de la situation budgétaire très dégradée de notre pays, je demande
à l’Etat de s’engager sur de nouvelles solutions de financement : allouer une
part des futures recettes autoroutières au ferroviaire, instaurer une écotaxe sur
le transit routier international, comme c’est le cas en région Grand Est, ou encore
f
lécher une partie des recettes des ETS 2 (quotas carbone) vers les mobilités
décarbonées. La conférence nationale « Ambition France Transports », menée
par Dominique Bussereau que j’ai rencontré en avril, doit permettre de financer
de manière pérenne nos infrastructures. Cela doit être la première des priorités.
Le rail est un pilier de notre souveraineté, de notre cohésion, de notre transition
écologique. Il est temps de lui redonner sa juste place dans notre stratégie nationale.
C’est le sens de l’appel à mobilisation que je lance aujourd’hui pour sauver nos
lignes ferroviaires. Citoyens, usagers, responsables politiques, économiques,
syndicaux, associatifs, acteurs de la société civile (NDLR : encore faut-il les entendre, leur permettre d'agir), sont mobilisés. Nous sommes
prêts à agir collectivement, chacun dans nos responsabilités. D’autres initiatives de
ce type sont en train de naître comme en Bourgogne Franche-Comté. Il appartient
désormais à l’État de se montrer à la hauteur.
”
Carole DELGA
Présidente de la Région Occitanie
Pyrénées-Méditerranée
Présidente de Régions de France