En se rendant en gare de Solliès-Pont, comment ne pas penser à cette jeune habitante, inhumée hier, dans sa ville où elle a grandi... Le mercredi 25 septembre, c’est ici qu’une femme 22 ans a perdu la vie alors qu’elle traversait le passage aménagé piétonnier avec un
(1) groupe de cinq personnes. Un TGV, lancé à 120 km/h, ne s’arrêtant pas en gare, ne lui a laissé aucune chance. La scène s’est déroulée sous les yeux horrifiés des témoins et du conducteur du train qui a actionné l’avertisseur sonore, selon l’enquête de gendarmerie en cours. Un drame qui a brisé une famille, « traumatisé à vie les témoins, des familles, aussi victimes », témoignent, émus, ses amis Enzo et Celia.
Déjà quatre victimes
Une mère de famille de quatre enfants, venue dernièrement se recueillir à la gare, y pense tous les jours.
« C’est dur. Mon fils connaissait la jeune femme. Ils devaient se voir l’après-midi même du drame », confie cette habitante proche de la gare. « J’ai mes enfants scolarisés au lycée qui, tous les jours, prennent le train. C’est angoissant. Et ce n’est malheureusement pas la première victime », déplore-telle. Quatre personnes ont déjà perdu la vie dont une dame âgée,
début juillet.
Le lendemain de l’accident mortel, le 26 septembre, une dame âgée n’ayant pas vu ou compris la signalétique l’interdisant de traverser à l’approche du train, a été ramenée in extremis sur le quai par un agent présent ce jourlà.
« Je ne suis pas rassurée du tout, confie cette maman. Solliès-Pont n’est plus un petit village. C’est une ville. Cette gare devrait, de fait, s’agrandir, se moderniser. Le
matin, entre 6 heures et 8 heures, le train est bondé ». Or, les agents de la SNCF sont présents en gare seulement deux fois dans la semaine. Pas assez, au regard des habitués, notamment des collégiens et lycéens. « C’est une gare complètement à l’abandon comparée à Cuers - Pierrefeu », juge Enzo à l’origine d’une pétition sur change.org.
Jeudi soir, plus de 12 000 personnes l’avaient signée dont de nombreux Solliès-Pontois. Au-delà des
mots, « des flyers non suffisants », rappelle Célia, ils attendent des actes concrets comme dédier des agents à la mission de sécurité en gare. Mais pas que.
« Ne pas attendre 2028 pour réagir »
Soucieux et désireux d’être « soutenus par le maire dans leurs demandes », les amis et proches de la jeune femme entendent « mener le combat pour sensibiliser la SNCF que soient prises des mesures de sécurité pour éviter qu’un nouveau drame ne se produise. » « On ne peut pas attendre 2028, date de la future passerelle piétonne prévue par la SNCF, pour réagir », alerte le frère de la victime. Un pictogramme, cela ne suffit pas, selon les pétitionnaires. Une alerte sonore à l’approche d’un train « même stridente » serait utile.
« Il faut un message vocal »
« Il faut l’accompagner par un message vocal pour alerter de l’entrée en gare d’un train comme le TGV. Ce sont des mesures simples et logiques de prévenir les voyageurs de rester sur le quai. Il faut sécuriser l’instant T là où le danger est imminent. En 15 secondes, on peut être distrait. C’est dangereux », insiste le frère de la jeune victime. « Il n’est pas normal que des agents soient là pour vendre des billets et qu’il n’y ait pas, aussi, des agents présents sur les quais pour assurer la sécurité des voyageurs. Il faut que la SNCF revoie ses priorités. C’est le plus important. Une vie, cela n’a pas de prix », témoigne Enzo qui projette avec ses amis d’organiser une marche blanche en la mémoire de leur amie, et « pour toutes les victimes. » 1. À Solliès-Pont comme à Cuers, il n’existe pas de passerelle qui enjambe la voie ferrée.