Inspiré du dossier de SCIENCES ET AVENIR La Recherche, N° 928 de juin 2024.

 

« Climatiquement, on peut dire à quoi cela va ressembler, mais ça n 'a pas vraiment de sens. Le Paris d'aujourd'hui n 'est pas vivable à +4 °C par exemple !, explique Magali Reghezza-Zitt, géographe spécialiste de l'adaptation, membre du Haut Conseil pour le climat. La difficulté, c'est que la vie des gens ne va pas dépendre uniquement du climat, mais de notre capacité à avoir suffisamment transformé nos manières de vivre. »

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« La vie quotidienne ne sera pas la même selon que nous aurons réussi à nous décarboner et à nous adapter, ou que nous aurons échoué ».

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« Si le changement climatique est un escalier, avant d'arriver à +4 °C, nous devrons passer la marche du +2 °C. Or, c'est déjà un monde chaotique qui arrivera dans un futur proche, d'ici dix à vingt ans, pour lequel nous ne sommes pas préparés et dans lequel on n'a pas envie de vivre », répond Alexandra Watier, consultante énergie-climat à BL Évolution et coauteure de la série.

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« quelques centaines de millions à quelques milliards d'euros d'investissements additionnels dans les prochaines décennies » pour les réseaux ferrés et routiers. Pour le chercheur spécialiste de l'adaptation, inutile de se figurer l'Apocalypse. «À +4 oc, tous les réseaux de transport ne subiront pas un cataclysme permanent, mais le niveau de service va perpétuellement se dégrader : sans adaptation, les gestionnaires passeront leur temps à courir après des réparations, les travaux structurels seront différés et le matériel se détériorera », explique Vivian Dépoues.
Se projeter dès maintenant pour adapter les infrastructures Pour anticiper, il est impératif de se projeter, localement, dans le temps qu'il reste avant d'atteindre certains niveaux de réchauffement (NDLR : point de non-retour ?). Pour les bâtiments et les voies de chemin de fer, il est ainsi urgent d'imaginer un territoire à +4 °C.
« On ne fera pas deux fois la rénovation des logements d'ici à la fin du siècle, c'est à la fois trop compliqué et trop coûteux, de même pour les voies et les équipements des chemins de fer », note Vivian Dépoues. En revanche, les routes ont plus de temps devant elles. « Le bitume d'une départementale doit être changé
tous les dix à quinze ans, inutile de vouloir le remplacer avec un mélange résistant à +4 °C ajoute-t-il. Mais il faut intégrer le réflexe de se poser la question à chaque échéance. Or, pour l'instant, dans toutes les normes, les standards, les référentiels techniques, les conditions climatiques futures ne font pas référence. »
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Les adaptations indispensables au chemin de fer :

- couvrir d'ombrières la zone des pédales électromécaniques dans les triages (depuis la bosse de débranchement jusqu'à la tête de voie du faisceau triage. Ombrières de panneaux solaires assurant l'autonomie électrique du triage (et peut-être plus). Cette proximité de source électrique permettra d'équiper d'engins électriques pour le débranchement (proximité de la source évitant les baisses de tension en ligne).

Les pédales électromécaniques sont très sensibles à la chaleur. Les mettre à l'ombre réduit leur coût d'achat et les frais de maintenance.

- couvrir les quais à voyageurs (et les bâtiments administratifs) de telles installations met à l'ombre, au moins partiellement, les voyageurs et génère une énergie renouvelable réduisant les coûts de production du ferroviaire (Réseau pourrait ainsi probablement atteindre l'autonomie énergétique). Cette production réduirait le recours aux subventions et réduirait mes (nos) impôts.

Ces mesures sont nécessaires pour le maintien du WI (wagon isolé), produit indispensables aux jeunes générations.

Voilà pourquoi il y a urgence à instaurer le Plan MARSHALL du Fret Ferroviaire (offrant ainsi un réseau de qualité et performant aux Etats, à l'Europe).

 

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