Pollution de l'air : au-delà des effets sanitaires des répercussions économiques importantes
La pollution de l’air constitue un défi majeur de santé publique. Mais au-delà de ses
effets sanitaires, une littérature économique récente met en évidence ses impacts sur
l’activité économique. Elle réduit les capacités physiques et cognitives des travailleurs,
pesant sur leur productivité. Elle affecte également les performances scolaires et
l’innovation, compromettant la productivité future. L’étude revient sur cet enjeu
sanitaire et environnemental et en analyse les conséquences économiques.

La pollution de l'air constitue un enjeu majeur de santé publique. Les particules fines seraient à l'origine,

chaque année en France, de plus de 40 000 décès et contribuent avec d'autres polluants à l'apparition ou à

l'aggravation de nombreuses maladies, affectant notamment les poumons, le cœur et le cerveau. Chez les

enfants, elles seraient responsables de 20 % des nouveaux cas d'asthme.

Ces impacts sanitaires ont un coût socio-économique important, lié non seulement aux dépenses directes

de santé (hospitalisations, achats de médicaments), mais aussi aux pertes de qualité de vie et aux pertes de

production causées par l'absentéisme dû aux maladies.

Outre ces effets sur la mortalité et la morbidité, des articles de recherche récents mettent en évidence que la

pollution de l'air altère les capacités cognitives et physiques des individus, réduisant leur productivité. Ces

effets s'observent dans différents secteurs professionnels, qu'il s'agisse de métiers physiquement exigeants,

comme l'agriculture ou l'industrie, ou à dominante cognitive, par exemple dans la finance, les centres

d'appel ou l'arbitrage sportif.

Au-delà de ces effets directs à court terme, la pollution de l'air pourrait également réduire la productivité

future, en affectant les performances scolaires et en freinant l'innovation. 

Et si on faisait de 2026 l'année du renouveau du fret ferroviaire.
Les effets de la pollution de l'air sur les individus ont des répercussions
économiques multiples qu'une littérature récente invite à réévaluer.

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Une étude précédente22, publiée en 2020, estimait à 145Md€2008 la valeur monétaire des

décès prématurés évités dans un scénario sans pollution anthropique de particules fines en

2008. En appliquant la méthodologie de cette étude sur les données de Santé publique

France, l'effet de la pollution de l'air sur la mortalité représenterait entre 2016 et 2019 un

coût économique annuel de 130Md€2018 pour les particules fines et 23Md€2018 pour le

NO2 (cf. Graphique 4). Dans un scénario où la concentration de PM2,5 ne dépasserait les

recommandations OMS dans aucune ville française, l'étude estimait le gain en termes de

décès prématurés évités à 53Md€2008

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La pollution aurait un impact significatif sur l’activité économique à court terme,
en particulier via la baisse de productivité des travailleurs

...

L'impact économique de la pollution de l'air à court terme passe par trois canaux :

l'absentéisme des personnes malades ou de leurs proches (arrêts maladie ou absences

scolaires, cf. Encadré 2), une moindre productivité des travailleurs présents et une baisse

de la demande. Les études empiriques disponibles34 suggèrent des impacts significatifs

sur l'activité à court terme. En exploitant les variations exogènes de la direction du vent en

France, une étude démontre qu'une augmentation de 10% de l'exposition mensuelle aux

PM2,5 entraîne une baisse du chiffre d'affaires des entreprises d'environ 0,4% au cours des

deux mois suivants, sans rattrapage par la suite. Si la pollution accroît bien l'absentéisme

(via les arrêts maladie, cf.Encadré 2), ce canal n'explique qu'une part marginale des pertes

économiques observées. L'effet s'exerce principalement via une moindre productivité des

travailleurs présents et une baisse de la demande, celle-ci pouvant s'expliquer par des

changements de comportement d'achat des consommateurs exposés à la pollution (report

ou évitement des dépenses non essentielles) et par l'augmentation de leurs dépenses de

santé35. Les auteurs estiment qu'une réduction de 25% de l’exposition mensuelle moyenne

aux PM2,5 entre 2009 et 2015 permettant d'atteindre les niveaux journaliers

recommandés par l'OMS représenterait un gain économique annuel d'environ 7Md€ en

termes de PIB en France, s'ajoutant aux bénéfices sanitaires attendus en matière de

mortalité et de morbidité évitées (cf. partie 2.1).

...

Certaines études suggèrent un effet à long terme via l'accumulation de capital
humain et l'innovation

Au-delà des effets immédiats sur l'économie, la pollution de l'air a des effets sur les

performances scolaires à court et long termes, affectant ainsi la productivité future.

Plusieurs études sur le sujet montrent une baisse des résultats scolaires et une altération

des trajectoires éducatives. Passer un examen un jour où la pollution aux PM2,5 est plus

élevée (+11 µg/m3 par rapport à une pollution moyenne de 21 µg/m3) diminuerait la note

de 0,9 point sur 10038. L'exposition à la pollution durant la grossesse ou la petite enfance

pourrait avoir des effets durables sur le développement cognitif, les résultats scolaires39,

voire perdurer à la génération suivante40. Une réduction de 10 µg/m3 de l'exposition à la

pollution durant la grossesse augmenterait de 1,7 à 1,8 point de pourcentage la

probabilité que les enfants de la génération suivante accèdent à l'enseignement supérieur.

Enfin, une étude à l'échelle européenne suggère une baisse du nombre de brevets de 7,2 %

l'année suivant un choc de pollution aux PM2,5 de 1 µg/m3 affectant ainsi l'innovation et

donc potentiellement la productivité future41. Ces études mettent en évidence que les

impacts économiques de la pollution de l'air dépassent les seuls effets sanitaires

habituellement évalués. L'identification de ces impacts supplémentaires renforce les

incitations économiques à la lutte contre la pollution atmosphérique, en mettant en œuvre

des politiques publiques adaptées. Par ailleurs, au-delà des effets sur la santé présentés

dans ce rapport, la pollution de l'air engendre aussi des dommages environnementaux –

tels que la baisse des rendements agricoles42, la dégradation des bâtiments ou encore

l'érosion de la biodiversité et des services écosystémiques associés – qui contribuent à

accroître son cout économique global.

...

A quand la "mise en oeuvre de politiques publiques
adaptées."
Compte tenu du contexte géopolitique actuel, l'armée
française a besoin d'un chemin de fer de haut niveau de
performance et résilient.

 

Ne faites pas revivre "les taxis de la Marne" à mes petits-
fils.

J'ai du mal à croire que cette étude émane du :

Et si on faisait de 2026 l'année du renouveau du fret ferroviaire.

Le politique ne s'intéresse pas aux études du gouvernement, du trésor public (financées par nos impôts !) ?

Le politique ne sait pas tirer profit de ces études ?

Le politique ne fait pas le bon choix pour les générations futures, pour les enfants de la Nation ?

C'est inquiétant, désespérant, et surtout dangereux.

Il est temps de remettre les pieds sur terre !

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