Et si on faisait de 2026 l'année du renouveau du fret ferroviaire.
16 févr. 2026Pollution de l'air : au-delà des effets sanitaires des répercussions économiques importantes
La pollution de l'air constitue un défi majeur de santé publique. Mais au-delà de ses effets sanitaires, une littérature économique récente met en évidence ses impacts sur l'activité écono...
La pollution de l'air constitue un enjeu majeur de santé publique. Les particules fines seraient à l'origine,
chaque année en France, de plus de 40 000 décès et contribuent avec d'autres polluants à l'apparition ou à
l'aggravation de nombreuses maladies, affectant notamment les poumons, le cœur et le cerveau. Chez les
enfants, elles seraient responsables de 20 % des nouveaux cas d'asthme.
Ces impacts sanitaires ont un coût socio-économique important, lié non seulement aux dépenses directes
de santé (hospitalisations, achats de médicaments), mais aussi aux pertes de qualité de vie et aux pertes de
production causées par l'absentéisme dû aux maladies.
Outre ces effets sur la mortalité et la morbidité, des articles de recherche récents mettent en évidence que la
pollution de l'air altère les capacités cognitives et physiques des individus, réduisant leur productivité. Ces
effets s'observent dans différents secteurs professionnels, qu'il s'agisse de métiers physiquement exigeants,
comme l'agriculture ou l'industrie, ou à dominante cognitive, par exemple dans la finance, les centres
d'appel ou l'arbitrage sportif.
Au-delà de ces effets directs à court terme, la pollution de l'air pourrait également réduire la productivité
future, en affectant les performances scolaires et en freinant l'innovation.
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Une étude précédente22, publiée en 2020, estimait à 145Md€2008 la valeur monétaire des
décès prématurés évités dans un scénario sans pollution anthropique de particules fines en
2008. En appliquant la méthodologie de cette étude sur les données de Santé publique
France, l'effet de la pollution de l'air sur la mortalité représenterait entre 2016 et 2019 un
coût économique annuel de 130Md€2018 pour les particules fines et 23Md€2018 pour le
NO2 (cf. Graphique 4). Dans un scénario où la concentration de PM2,5 ne dépasserait les
recommandations OMS dans aucune ville française, l'étude estimait le gain en termes de
décès prématurés évités à 53Md€2008
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L'impact économique de la pollution de l'air à court terme passe par trois canaux :
l'absentéisme des personnes malades ou de leurs proches (arrêts maladie ou absences
scolaires, cf. Encadré 2), une moindre productivité des travailleurs présents et une baisse
de la demande. Les études empiriques disponibles34 suggèrent des impacts significatifs
sur l'activité à court terme. En exploitant les variations exogènes de la direction du vent en
France, une étude démontre qu'une augmentation de 10% de l'exposition mensuelle aux
PM2,5 entraîne une baisse du chiffre d'affaires des entreprises d'environ 0,4% au cours des
deux mois suivants, sans rattrapage par la suite. Si la pollution accroît bien l'absentéisme
(via les arrêts maladie, cf.Encadré 2), ce canal n'explique qu'une part marginale des pertes
économiques observées. L'effet s'exerce principalement via une moindre productivité des
travailleurs présents et une baisse de la demande, celle-ci pouvant s'expliquer par des
changements de comportement d'achat des consommateurs exposés à la pollution (report
ou évitement des dépenses non essentielles) et par l'augmentation de leurs dépenses de
santé35. Les auteurs estiment qu'une réduction de 25% de l’exposition mensuelle moyenne
aux PM2,5 entre 2009 et 2015 permettant d'atteindre les niveaux journaliers
recommandés par l'OMS représenterait un gain économique annuel d'environ 7Md€ en
termes de PIB en France, s'ajoutant aux bénéfices sanitaires attendus en matière de
mortalité et de morbidité évitées (cf. partie 2.1).
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Au-delà des effets immédiats sur l'économie, la pollution de l'air a des effets sur les
performances scolaires à court et long termes, affectant ainsi la productivité future.
Plusieurs études sur le sujet montrent une baisse des résultats scolaires et une altération
des trajectoires éducatives. Passer un examen un jour où la pollution aux PM2,5 est plus
élevée (+11 µg/m3 par rapport à une pollution moyenne de 21 µg/m3) diminuerait la note
de 0,9 point sur 10038. L'exposition à la pollution durant la grossesse ou la petite enfance
pourrait avoir des effets durables sur le développement cognitif, les résultats scolaires39,
voire perdurer à la génération suivante40. Une réduction de 10 µg/m3 de l'exposition à la
pollution durant la grossesse augmenterait de 1,7 à 1,8 point de pourcentage la
probabilité que les enfants de la génération suivante accèdent à l'enseignement supérieur.
Enfin, une étude à l'échelle européenne suggère une baisse du nombre de brevets de 7,2 %
l'année suivant un choc de pollution aux PM2,5 de 1 µg/m3 affectant ainsi l'innovation et
donc potentiellement la productivité future41. Ces études mettent en évidence que les
impacts économiques de la pollution de l'air dépassent les seuls effets sanitaires
habituellement évalués. L'identification de ces impacts supplémentaires renforce les
incitations économiques à la lutte contre la pollution atmosphérique, en mettant en œuvre
des politiques publiques adaptées. Par ailleurs, au-delà des effets sur la santé présentés
dans ce rapport, la pollution de l'air engendre aussi des dommages environnementaux –
tels que la baisse des rendements agricoles42, la dégradation des bâtiments ou encore
l'érosion de la biodiversité et des services écosystémiques associés – qui contribuent à
accroître son cout économique global.
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J'ai du mal à croire que cette étude émane du :
Le politique ne s'intéresse pas aux études du gouvernement, du trésor public (financées par nos impôts !) ?
Le politique ne sait pas tirer profit de ces études ?
Le politique ne fait pas le bon choix pour les générations futures, pour les enfants de la Nation ?
C'est inquiétant, désespérant, et surtout dangereux.
Il est temps de remettre les pieds sur terre !
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