L'agriculture française ne peut plus nourrir son peuple et cela va continuer à se dégrader ces prochaines années. C’est l’objet du rapport choc qui vient de sortir : « Souveraineté alimentaire : un scandale made in France ».

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Nous exportons, pour mieux importer !
Les agriculteurs disparaissent et l’environnement se dégrade


Terre de Liens est un mouvement citoyen qui vise à préserver les terres agricoles et à faciliter les installations en agriculture paysanne et écologique. Son nouveau rapport explique comment la France a perdu sa souveraineté alimentaire en quelques dizaines d'années. L'association déclare qu'avec 28 millions d'hectares agricoles, la France dispose à la base d'assez de terres pour nourrir sa population et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier. « Mais en inscrivant l'agriculture dans un système d'échanges internationaux, de course à la compétitivité, de dépendance aux importations, la France détruit tout espoir de souveraineté alimentaire. Ce système sous perfusion est la conséquence de plusieurs décennies de politiques agricoles et commerciales à contre-courant, qui préfèrent l'exportation à la consommation locale et l'agro-industrie à l'agroécologie. »


Nous exportons, pour mieux importer !
Près de la moitié des terres françaises (43 %) produisent pour l'exportation. « Dans ces conditions, la surface disponible par habitant est réduite à 2 100 m2, là où il en faudrait le double pour se nourrir [...] Nos importations alimentaires ont doublé en 20 ans pour remplir nos assiettes. Notre système alimentaire est si absurde qu'il ne nourrit ni ceux qui travaillent la terre, ni ceux qui vivent autour », déplore les auteurs du rapport.

“Notre système alimentaire est si absurde qu’il ne nourrit ni ceux qui travaillent la terre, ni ceux qui vivent autour”

Le lait illustre parfaitement ce paradoxe, précise Terre de Liens : « un quart du lait produit en France est exporté sous forme de poudre et autres produits laitiers, alors que nous importons l'équivalent de 5 milliards de litres de lait pour la fabrication d'aliments industriels ». De même, plus de la moitié des surfaces céréalières, fruitières et maraîchères et un quart des surfaces d'élevage produisent pour l'exportation.

Les agriculteurs disparaissent et l’environnement se dégrade
« D'ici 2030, seuls 300 000 agriculteurs et agricultrices resteront en activité (contre plus d'un million dans les années 1980), soit un actif pour nourrir plus de 200 personnes ». Environ la moitié des agriculteurs qui cessent leur activité sont remplacés. « En 30 ans, la taille moyenne des fermes a doublé, avec un nombre d'emplois agricoles en chute libre. L’agriculture française évolue vers un modèle de firmes, où seules les exploitations les plus capitalisées peuvent survivre. Cette dynamique creuse les inégalités au sein de la profession agricole. » Ce sont principalement les petites fermes traditionnelles qui disparaissent, pour laisser place à des « méga-fermes », explique le rapport. Et ces fermes industrielles sont aussi largement destinées... à exporter ! « Augmenter la taille des fermes et réduire le travail humain conduit à simplifier les systèmes de production, qui seront alors moins résilients face aux aléas climatiques et plus gourmands en intrants, en pesticides et en eau. Ces méga-fermes sont également plus tournées vers l'agro-industrie et l'exportation. »

Voila pourquoi il faut acheter nos légumes (BIO ou agriculture raisonnée) dans les fermes locales.

Souvent, un boucher, un fromager ou charcutier voisin présente ses produits.

SOUTENONS NOS PAYSANS.

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